La pédagogie Steiner-Waldorf
La meilleure définition générale que l’on puisse donner de la pédagogie Steiner-Waldorf est celle de l’objectif même qu’elle s’est fixée : « former des individus capables, en eux-mêmes et par eux-mêmes, de donner un sens à leur vie, des individus libres ». La pédagogie Steiner-Waldorf veut éduquer l’enfant tout entier « tête, cœur et mains ». Le plan scolaire équilibre soigneusement les matières purement académiques avec les enseignements artistiques et les activités pratiques. L’art est présent dans toutes les activités car c’est un formidable pont entre le corps et l’esprit.
La pédagogie Steiner-Waldorf s’appuie sur une connaissance approfondie de l’être intérieur de l’enfant, de ses rythmes et de ses métamorphoses dans le temps. L’enfant est amené à vivre d’abord activement les choses et à les ressentir avant de les comprendre. L’enseignement est porté par des images vivantes. On cherche moins à transmettre un savoir qu’à éveiller chez l’enfant l’envie d’apprendre ainsi que toute la palette de ses facultés, de façon adaptée à son âge, en respectant les rythmes de son développement.
Les professeurs des écoles Steiner-Waldorf pensent que dans chaque être humain vit une dimension spirituelle qui a besoin d’être nourrie. L’approche pédagogique est globale et cherche à reconnaître et comprendre les différentes cultures et religions du monde.
Au Jardin d’Enfants
Dans un équilibre entre le jeu libre et les activités dirigées, la jardinière engage les enfants dans la fabrication du pain, le dessin, l’aquarelle, les promenades, le modelage, le travail manuel et l’eurythmie (art du mouvement).
Le jeu est le cœur du travail au jardin d’enfants. Les enfants par leurs jeux d’imagination développent leur pensée créatrice, leur faculté à résoudre des problèmes et leur habileté sociale.
Des objets simples et naturels, morceaux de bois, coquillages, pierres, tissus, cire d’abeille incitent les enfants à créer leurs propres jeux et leurs histoires originales.
Les promenades et les jeux extérieurs suivent le rythme des saisons. Chaque jour, la ronde rassemble les enfants pour dire, chanter et danser les saisons. Les chansons et les comptines éveillent en eux le sens du langage et de la musique. Le moment de l’histoire cultive l’imagination des enfants et renforce leur capacité à écouter et à se concentrer.
En préparant les collations ensemble et en rangeant la pièce après les jeux, on encourage la coopération et le sens des responsabilités.
Toutes ces activités quotidiennes, ponctuées par le rythme des fêtes saisonnières, créent chez les enfants des richesses en expériences de base. Les habiletés sont ainsi fortifiées en vue des apprentissages futurs comme le calcul et la lecture. L’imitation des gestes pleins de sens de l’adulte développe la confiance en soi.
Le Jardin d’Enfants est donc un lieu où les enfants peuvent grandir, se développer et nourrir leur imagination tout en se sentant rassurés et protégés. La jardinière tisse des liens privilégiés avec chaque enfant qu’elle suit jusqu’au passage en première classe.
Au cours de la dernière année au jardin d’enfants, lorsque l’enfant entre dans l’année civile de ses 6 ans, se décide son passage en 1ère classe, après une visite médicale scolaire et des jeux proposés à l’enfant et observés par la jardinière d’enfants et un ou deux professeurs de l’Ecole. Une commission se réunit alors pour évaluer la maturité de l’enfant sur le plan physique, sur les plans psychologique et affectif et sur le plan de l’éveil intellectuel.
De la 1ère à la 8ème classe
1 – Idéalement, un professeur principal assure la continuité éducative pendant 8 ans :
L’action pédagogique et l’enseignement veulent s’établir et s’organiser dans la durée : ainsi le même professeur suit sa classe pendant plusieurs années en assurant l’enseignement général.
Ce cycle s’organise en 3 phases successives :
pendant les 3 premières classes (entre 6 et 9 ans), l’objectif principal est l’apprentissage des bases de l’écriture, de la lecture et du calcul, ainsi que l’approche orale d’une ou deux langues étrangères.
en 4ème et 5ème classes (entre 9 et 11 ans), l’accent est mis sur l’approfondissement des apprentissages primordiaux et l’ouverture au monde grâce à la géographie et l’histoire entre autres. (repérage dans le temps et dans l’espace)
en 6ème, 7ème et 8ème classes (entre 11 et 14 ans), une importance particulière est donnée à l’apprentissage et à la mise en pratique de l’observation et du raisonnement à travers de nouvelles disciplines telles la physique, la chimie, la biologie, des stages pratiques de découverte (travail du bois, jardinage, vannerie).
2 – Une équipe de professeurs spécialisés travaille en collaboration avec le professeur principal :
L’échange de compétence entre les professeurs permet que, pendant le reste de la journée, l’enfant soit confié aux professeurs ayant les compétences nécessaires pour prendre en charge des disciplines nécessitant une pratique hebdomadaire telles les langues vivantes, la musique, l’eurythmie, les activités manuelles, les arts plastiques.
Ces disciplines reprennent le plus souvent possible les thèmes et les éléments donnés au cours principal et sont, dans ce sens, un élargissement de la matière qui y est abordée.
3 – Une matière principale pour 3 à 4 semaines :
l’enseignement général est donné par périodes de 3 à 4 semaines, à raison de 2 heures quotidiennes en début de matinée. A la fin d’une période, la matière abordée sera laissée en sommeil pendant quelque temps avant d’être reprise et revivifiée à partir d’un point de vue nouveau.
Ce travail par périodes, dans une succession de séquences au cours desquelles l’élève plonge intensément avec toutes ses facultés dans une matière, permet de stimuler son intérêt et de fortifier sa mémoire et ses capacités de concentration, en évitant le morcellement et la dispersion.
4 – Des horaires adaptés aux âges des enfants :
l’emploi du temps se construit dans une progression d’année en année par l’augmentation du nombre des matières et des heures hebdomadaires. De 20 heures par semaine en 1ère classe, l’élève passera à 28 heures en 6ème classe.
5 – Un matériel scolaire construit avec les enfants :
l’élève réalise lui-même, avec l’aide du professeur, son “ cahier de période ” qui lui tient lieu de manuel.
Une bibliothèque de classe lui donne l’occasion d’élargir ses lectures et le stimule dans ce sens.
Un travail sur documents faisant appel à des recherches personnelles, est mis en place progressivement, en vue d’exposés écrits et oraux.
6 – Un dispositif d’évaluation approfondie :
le travail de l’élève n’est pas noté, mais accompagné d’appréciations et de conseils.
L’élève ne redouble pas. Il reste dans sa classe d’âge. Son niveau scolaire, son éveil et sa maturité sont évalués par chaque enseignant au sein de l’équipe pédagogique et consignés par le professeur principal de façon régulière.
Ces évaluations peuvent faire apparaître la nécessité d’aide au travail personnel ou de suivi individuel de l’élève. Elles peuvent motiver la recherche de projets d’orientation particuliers.
Un bulletin annuel détaillé décrit les efforts fournis par l’élève, les aptitudes et connaissances acquises, les progrès à faire. Cette évaluation est avant tout une appréciation positive – sans notes – du comportement de l’enfant, de son insertion sociale et de sa vie scolaire en général.
Le dialogue avec les professeurs est cultivé par des réunions de classes trimestrielles, par des rencontres particulières sollicitées par les parents ou les professeurs, par des expositions pédagogiques et des fêtes trimestrielles qui mettent en évidence de manière vivante les travaux et les apprentissages en cours pour chaque classe.
Les enseignements de base
Les enseignements de base (tels qu’ils apparaissent dans le Socle Commun de Connaissances et de Compétences défini par l’Education Nationale)
I – Enseignement du français :
1) Jardin d’enfants (3 à 6 ans) :
Le langage soigné du pédagogue, les histoires entendues répétées, et mémorisées, les échanges oraux entre enfants pour bâtir des projets, les chansons et les comptines, sont des contributions délibérées à l’élaboration de la maîtrise de la langue par l’enfant. Les familles sont aussi invitées à soutenir activement cette phase en soignant la qualité de l’expression orale et la rigueur logique des pensées, afin de nourrir au mieux les forces d’imitation qui prévalent en l’enfant de ces âges.
Les trois premières classes (6 à 9 ans) :
Lecture et production d’écrits : Si l’écriture manuscrite est par méthode considérée comme un exercice préalable à l’apprentissage de la lecture, on s’efforce toutefois, au cours de ces trois années, d’amener les enfants à pouvoir lire des textes élaborés, un livre par exemple, et à composer des rapports écrits de quelques phrases, amenés à une qualité satisfaisante par les corrections du professeur. Ces écrits concernent de préférence des situations vécues (excursions, rencontres, etc. .).
Qualité de l’écriture : Les enfants sont stimulés à former soigneusement leur écriture. On soutient ces efforts au moyen du « dessin de formes », du dessin en couleurs, de la peinture, et d’activités de mouvement telles que l’eurythmie. La réalisation de cahiers soignés pour les différentes matières étudiées témoigne de la progression de l’enfant dans ce domaine.
Qualité de la langue orale : La qualité de la langue orale est soutenue par la récitation individuelle et collective, par le montage de petites pièces de théâtre, par la composition de comptines et poésies ainsi que par des jeux rythmiques.
Structure de la langue : Les éléments fondamentaux de la grammaire (noms, verbes, adjectifs) sont abordés à travers :
– l’étude des métiers
– les récits et légendes mythologiques
– le début de l’apprentissage de deux langues étrangères.
Il est ainsi attendu qu’à la fin de cette deuxième phase, les enfants aient atteint un premier niveau de maîtrise de la langue française dans les trois types d’activités que sont :
– l’expression orale
– la production d’écrits
– la lecture.
Les classes 4 à 8 (9 à 14 ans) :
Au long de ces cinq années, l’essentiel de la grammaire et des règles de l’orthographe est approfondi.
Des rapports écrits et des résumés sont produits dès la quatrième classe, et l’expérience nuancée de vécus intérieurs est sollicitée à partir de la 7ème classe.
– L’oral continue à être valorisé en particulier par la récitation et la pratique régulière du théâtre. A partir de la 6ème classe (11-12 ans), l’étude des rapports de cause à effet contribue à éveiller l’enfant à une compréhension critique des sujets abordés. L’échange oral en classe, très présent à partir de cet âge, prend ainsi une qualité nouvelle.
– La lecture est systématisée par l’étude de livres de récits et par la mise en place de bibliothèques de classe.
– L’écriture se cultive par la poursuite du travail en grammaire et en orthographe. Chaque matière enseignée contribue à la mise en œuvre de ces acquis grâce à la confection par l’enfant d’un cahier individuel comportant :
– des textes copiés du tableau
– des rapports et des résumés qu’il a rédigés
– des textes dictés (à partir de la 7ème classe).
On insiste particulièrement sur le soin apporté à la présentation et à la lisibilité de l’écriture. Toute cette progression reçoit un important soutien par la poursuite de l’apprentissage des langues étrangères, par les disciplines corporelles et arts du mouvement (eurythmie), par le dessin de formes, le dessin, la peinture, et par les travaux manuels qui cultivent méthodiquement la motricité fine.
II – Les Mathématiques
Bien que cette matière fasse l’objet d’un enseignement par périodes tout au long de la scolarité, elle est comme le français, soutenue en continu dès la 4ème classe par des heures d’exercice inscrites à l’emploi du temps hebdomadaire.
Jardin d’enfants
On attache une grande importance à une cohérence entre le discours et les actes de l’enfant. On veille aussi à une culture soigneuse du sens de l’équilibre et du sens du mouvement. C’est ainsi par le vécu corporel que l’enfant pose des bases solides pour les futures facultés de représentation intérieure des formes. L’imitation de l’éducateur dans les attitudes qu’il adopte dans les différentes circonstances de la vie quotidienne et dans la logique qui les sous-tend, joue dans ce sens un rôle majeur.
La pratique de l’eurythmie, en tant qu’art du mouvement, est ici encore, précieuse.
Classes 1 à 3
Après la découverte des nombres dans leur aspect qualitatif, les enfants s’exercent beaucoup à les manipuler avec leurs doigts, avec de petits objets (dés, perles, cailloux…), puis mentalement. Les 4 opérations sont apprises simultanément en commençant par un ressenti qualitatif approfondi, puis en exerçant la manipulation de techniques opératoires.
Classes 4 à 6
L’accent est mis sur les fractions, les nombres décimaux et les pourcentages, qui contribuent puissamment à soutenir l’enfant dans sa découverte progressive du monde et de lui-même. Les fractions l’emmènent ainsi vers l’infiniment petit en gardant référence à l’unité, cependant que le nombre décimal accroît la capacité à décrire les réalités fines des situations. Le pourcentage suppose l’usage d’un référent servant de point de vue commun unanime.
L’étude des poids et mesures constitue un support à ces acquisitions, et permet, avec les débuts de la géométrie, de considérer la réalité avec une conscience accrue.
Classes 7 et 8
L’algèbre, l’arithmétique et la géométrie vont continuer à affiner le regard critique naissant des enfants sur le monde. En synergie avec les autres matières, les mathématiques deviennent un outil fondamental de développement d’une pensée à la fois autonome, précise et objective.
On introduit entre autres dans ces classes :
– les puissances et les racines
– les nombres entiers relatifs
– les équations du premier degré
– le théorème de Pythagore
Un soutien important à ces enseignements est donné par leur coordination avec les disciplines du mouvement et les activités pratiques.
III – Sciences et technologie
La culture scientifique et technologique a une place importante dans notre monde d’aujourd’hui. Elle fait donc l’objet d’une attention continue, d’une façon appropriée à chaque âge, tout au long du parcours scolaire.
Au Jardin d’enfants :
Initiative, esprit de découverte et créativité sont fortifiés et élevés par l’encouragement à l’activité de jeu. Celle-ci est soutenue par la mise à disposition des enfants d’un temps conséquent ainsi que de matériaux les plus divers : bois, pierre, feutre, végétaux, tissus, fourrure, outils simples, ficelles, etc. Le jouet habituel, en tant qu’objet fini n’y est que discrètement présent, comme repère, et non comme base de jeu principale pour les enfants. On s’efforce aussi de leur faire côtoyer les différents éléments : le feu, lors de la cuisson, l’eau, lors de la peinture, de la vaisselle ou du pétrissage de la pâte, l’air, dans le mouvement, et la terre, dans les jeux d’extérieur où l’enfant est encouragé à pétrir, creuser, mélanger et construire grâce au sable, à la terre et à l’eau mis à sa disposition.
Classes 1 à 4 :
Les travaux manuels et l’étude des « métiers » sont alors les occasions de découvertes et l’invitation à l’apprentissage de techniques très diverses. Inventer, réaliser, construire, produire des œuvres, ces activités seront encouragées et soutenues jusqu’à la fin de la scolarité.
Les promenades et les sorties sont autant d’invitation à l’observation du monde naturel qui les entoure et de ses phénomènes.
Vers 10 ans, l’étude des animaux représente une première approche méthodiquement descriptive du lien entre l’homme et le monde animal.
Classes 5 à 8 :
Vers 11 ans, l’approche du monde des plantes se fait en choisissant des types caractéristiques sur l’échelle de l’évolution des espèces végétales, qui est considérée dans son analogie avec le développement de l’être humain.
L’éveil de l’enfant à la pensée autonome, à la logique et au lien de cause à effet sont stimulés vers 12 ans par l’étude du monde des insectes et par la première période de physique : acoustique, électricité, magnétisme, optique, mécanique etc. fournissent des occasions d’observation de phénomènes, d’analyses descriptives et d’exercice d’une pensée qui relie. Ainsi sont mis en place des repères méthodiques pour la démarche de connaissance s’appuyant sur l’observation critique attentive des phénomènes objectifs. Cet exercice se continue jusqu’en 8ème classe à travers des matières telles que la chimie (phénomène de la combustion, polarité acide-base, métaux usuels), l’astronomie, la nutrition (protides, lipides, glucides, équilibres alimentaires, etc.).
Deux activités d’atelier vont, tout au long de ces trois années, soutenir ces apprentissages : il s’agit du jardinage et de la sculpture sur bois.
IV – Enseignement des langues
Dès le Jardin d’Enfants, les élèves rencontrent deux langues étrangères : l’anglais et l’allemand.
Au Jardin d’enfants : par périodes de trois semaines, régulièrement dans l’année, une intervenante en anglais et allemand vient faire vivre aux enfants la musicalité de ses deux langues à travers des chansons, comptines et des histoires de marionnettes qui se parlent entre elles et interpellent les enfants.
Classes 1 à 4
Parmi les trois composantes principales de l’étude des langues (musicalité, éléments comparatifs d’analyse grammaticale, découverte d’une autre culture), l’accent est mis pendant les trois premières classes, sur la musicalité, par une immersion dans la parole du professeur. Seule une compréhension globale intuitive est recherchée. Le travail porte particulièrement sur le discernement rigoureux des sonorités et la capacité à les reproduire fidèlement. L’écrit et la lecture apparaissent en 4ème classe contribuant à une appropriation visuelle des éléments répétés et appris par cœur.
Classes 5 à 8
L’écriture et la lecture prennent une place plus importante. La grammaire et l’apprentissage méthodique du vocabulaire et des conjugaisons viennent soutenir la progression de la faculté d’expression dans la langue. Les échanges de correspondance avec des élèves étrangers sont encouragés. Les langues étrangères deviennent ainsi des outils sérieux de comparaison pour l’approfondissement de la langue française.
V – Histoire et géographie
L’orientation dans le temps et dans l’espace font partie des enjeux fondamentaux du développement de l’enfant. L’Histoire et la Géographie en sont des terrains d’exercice privilégiés. Mais c’est dès le début du cursus que ces éléments peuvent être soignés.
Jardin d’enfants :
Le fait de bénéficier pendant 3 ou 4 ans du même local d’accueil, animé autant que possible par la même personne, aide le jeune enfant à apaiser toute crainte éventuelle d’abandon ou de manque de repères. L’éveil à l’espace et la découverte de l’environnement proche se font en toute confiance, par le mouvement.
La référence à des éléments ancrés dans le patrimoine culturel local (y compris le dialecte) par des chants, des comptines, des recettes de cuisine ou des traditions de fêtes qui rythment les saisons, aident l’enfant à se situer dans son univers temporel et spatial.
Classes 1 à 4 :
Les deux disciplines s’interpénètrent à travers les histoires racontées quotidiennement par le professeur. Il fait référence dès le début aux activités humaines archétypiques des grands métiers, que les contes, légendes et fables localisent spatialement.
C’est par l’éveil à l’environnement proche que sera notamment cultivé le repérage dans l’espace : végétation, présences animales, éléments naturels, édifices. Là encore ce ne sont pas des connaissances qui sont recherchées, mais l’éveil de la faculté d’observation organisée. Les arts apportent également une contribution importante par leur pouvoir d’aider l’enfant à se percevoir et à appliquer son attention au monde et à autrui.
Classes 5 à 8 :
Au cours de ces 4 années sera étudié un panorama de l’histoire de l’humanité depuis la préhistoire des civilisations antiques jusqu’à nos jours. L’Inde ancienne, la Perse, l’Egypte et la Grèce donnant un fil conducteur de l’évolution de la civilisation, sont présentées à l’âge de 11 ans, ainsi qu’une étude géographique et historique portant sur notre région (Auvergne). A cet âge, l’accent est mis sur la connaissance des modes de vie rencontrés plus que sur les liens entre les étapes et événements.
Entre 12 et 14 ans, ce sont les rapports de cause à effet qui seront mis en avant, tant dans le domaine de l’histoire que dans ceux de la géographie, de la géologie ou de la météorologie. Le développement de l’individualité de l’enfant est ainsi soutenu par des outils lui permettant de s’orienter. Les questions portées par les élèves sont intégrées au cours, et l’esprit critique est saisi comme un élément pédagogique positif. La France, et divers pays de l’Europe et du monde sont étudiés de façon comparative, en géographie, cependant que les cours d’histoire porteront sur les périodes allant de Rome à l’époque contemporaine.
VI et VII- Civisme et citoyenneté – Autonomie et Initiative
L’épanouissement de la personnalité et la conscience citoyenne vont de pair. Ils résultent autant de l’éducation dispensée par les adultes que de l’auto-éducation dont on s’efforce de cultiver les germes en l’enfant. On peut considérer que l’apport éducatif se fait dans ce domaine par trois approches :
– sociale (présent)
– historique (passé)
– artistique (devenir)
Nous visons donc sur ces trois plans l’acquisition d’une culture de base et de connaissances générales.
1) L’attention portée à la socialisation
Certaines caractéristiques inscrites dans la structure de l’Ecole peuvent être mentionnées comme des facteurs de socialisation de l’enfant :
– la stabilité du groupe classe sur plusieurs années permet l’approfondissement de liens inter-personnels évolutifs,
– les classes à niveaux multiples favorisent les moments d’échange et d’entraide et les moments de travail seul lorsque le professeur s’occupe d’un groupe plus particulièrement,
– les nombreuses fêtes qui permettent à tous les enfants de l’Ecole de se retrouver et de partager des moments conviviaux, souvent aussi avec les parents et amis de l’Ecole.
– le respect de la diversité des niveaux d’aptitude que permet l’absence de notation jusqu’à ce que les facultés d’auto-évaluation apparaissent (13-14 ans), et la riche expérience de l’étude en commun dans la différence, qui poussent à la découverte de valeurs autres,
– L’absence de pressions sous forme de perspectives de redoublement,
– le travail d’équipe des enseignants qui est de règle dès le début de la scolarité (jamais un enseignant unique),
– le caractère collégial non hiérarchique qui prévaut pour l’ensemble du fonctionnement de l’Ecole,
– le lien régulier institutionnel établi avec les familles.
2) Éducation civique :
– Les diverses civilisations sont non seulement évoquées par des récits et décrites, mais aussi vécues par les élèves. On fait par exemple expérimenter la différence entre le fonctionnement démocratique et le fonctionnement républicain à l’occasion de prises de décisions concrètes (sorties, activités théâtrales, situations disciplinaires, accueils de personnalités, etc.).
– De la 7ème à la 10ème classe, on passe en revue les systèmes juridiques, administratifs et politiques de la France. Les cours de langue sont aussi mis à profit pour découvrir les fonctionnements institutionnels de pays étrangers.
3) L’éducation artistique :
Si cette éducation permet d’acquérir des savoir-faire, elle stimule surtout l’élève à la découverte progressive de ses propres aptitudes à ressentir et à réaliser. Elle constitue donc un fondement de l’auto-éducation et un chemin vers l’autonomie individuelle, qui sont les conditions d’une vie sociale conforme aux aspirations de l’homme moderne.
De plus, le cadre même de ces activités artistiques offre des caractéristiques spécifiques irremplaçables. Nos petits effectifs nous permettent de créer des alternances de configurations de travail souples et diversifiées :
– élève seul avec lui-même
– élèves en binômes ou trinômes
– élèves en équipes
– élève seul avec l’adulte
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De façon générale, dans la pédagogie Steiner-Waldorf, les phases d’enseignement ne peuvent pas être assimilées à des regroupements stricts de classes de niveaux consécutifs. En effet, ces phases se structurent de façon légèrement différente selon les disciplines. De même, la classification selon des rubriques bien délimitées est forcément un peu artificielle, vu qu’elle estompe l’intention fondamentale mise en pratique qui tend vers une transdisciplinarité maximale pour chaque unité d’enseignement.
Bibliographie
Eduquer vers la Liberté – Les Ecoles Steiner-Waldorf Les Trois Arches
Les Phases de l’Enfance de Bernard Lievegoed Les Trois Arches
Les moins de sept ans de Elisabeth Grunelius Triades
Le Miracle de l’Enfance de Henning Köhler NovalisLa Santé par l’Education, Sections médicale et pédagogique du Goetheanum Les Trois Arches
